Le machine learning au service de l’entrainement de nos cerveaux
Comment mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage ? Comment améliorer son attention ? Comment personnaliser les entrainements cognitifs à chaque individu ?
Un objectif commun : mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage
L’équipe de recherche Flowers d’Inria et onepoint se rejoignent sur un objectif commun : toutes deux ont en effet le souhait de mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage. Pour l‘équipe de recherche Flowers, il s’agit d’étudier des modèles de développement cognitifs et comportementaux ainsi que d’apprentissage. Ces modèles sont utilisés comme outils pour aider à mieux comprendre comment les enfants apprennent ainsi que pour construire des machines capables d’un apprentissage autonome similaire à celui des enfants. Cette équipe explore donc la mise au point et l’étude des mécanismes qui peuvent permettre aux robots et aux humains d’acquérir des répertoires de compétences nouvelles sur des périodes de temps prolongé, de façon autonome et cumulative. Pour onepoint, il était donc logique de s’associer à ces sujets. En effet, en tant qu’acteur de la transformation et organisation apprenante, il semble indispensable à onepoint d’accompagner chaque individu en concevant des outils d’apprentissage qui prennent en compte les facteurs humains et leurs contraintes. Les cas d’usages sont nombreux : à travers l’Ecole onepoint, de nombreuses formations sont proposées aux collaborateurs et clients afin que chaque individu puisse s’épanouir et enrichir ses connaissances. Des serious games ont aussi été créé, ils sont de plus en plus utilisés dans les organisations pour former les collaborateurs, de façon ludique et interactive. C’est à travers la thèse de Maxime Adolphe que les deux entités collaborent et peuvent aller plus loin sur la recherche scientifique des mécanismes d’apprentissage. Sa thèse dite “Convention industrielle de formation par la recherche” (CIFRE) a pour particularité de s’intégrer dans une entreprise et y dérouler une démarche en contexte. Maxime nous en dit plus et nous explique son sujet de thèse.Améliorer l’entrainement d’une des principales fonctions cognitives : l’attention
Le sujet de ma thèse porte sur le développement et l’étude d’algorithmes permettant de personnaliser des parcours d’apprentissage qui permettent à chacun d’être plus performant. “ Aujourd’hui, il est commun de pratiquer une activité physique régulière dans le but d’entretenir sa santé. Cependant, il l’est beaucoup moins d’effectuer des exercices spécifiques pour « muscler son cerveau« ! Or, de nombreuses études montrent que l’entraînement cognitif, c’est à dire le fait de pratiquer de façon répétée et régulière des activités ciblant les fonctions cognitives est un bon moyen d’être plus efficace au quotidien. »
- Attention sélective ou focalisée
- Attention soutenue ou vigilance
- Attention divisée ou partagée
- les personnes en état de vieillissement neuro-ordinaire, pour lesquelles un ralentissement du traitement cognitif entraîne de moins bonnes capacités d’attention divisée
- les personnes atteintes de troubles neuro-cognitifs (ex: TDAH), qui présentent de moins bonnes capacités d’inhibition et par extension d’attention sélective
- plus largement les personnes neuro-typiques, montrant de moins bonnes capacités d’attention soutenue en raison de nouveaux modes de travail (ex: notifications intempestives, multiplicité des écrans…)
Développer des outils personnalisés
Je conçois et évalue de nouveaux algorithmes de personnalisation embarqués dans un système tutoriel intelligent (STI) d’entrainement de l’attention. Mais qu’est-ce qu’un STI ? « Dans l’équipe Flowers d’Inria, plusieurs équipes font de la recherche sur les systèmes tutoriels intelligents (STI) qui est un système proposant (de manière automatique) un environnement d’apprentissage personnalisé aux besoins de l’élève. Deux STI ontdéjà été développés : Kidlearn pour enseigner les mathématiques et Kidbreath pour apprendre à mieux gérer son asthme chez les enfants par notre collaboratrice Alexandra Delmas ». Ainsi, dans le cadre de ma thèse, je me demande si nous ne pourrions pas utiliser nos connaissances des STI dans le contexte de l’entraînement de l’attention. Ensuite, après avoir déterminé l’efficacité de l’existant dans ce contexte, je proposerai de nouveaux STI qui pourront répondre aux limites des protocoles existants actuellement.
- De développer un nouveau serious game permettant d’améliorer l’attention chez les collaborateurs,
- De faire de l’adaptive learning pour pouvoir le transposer dans d’autres sujets de serious games.
Une expérience enrichissante
Retrouvez ce que dirait Maxime à quelqu’un qui voudrait, comme lui, se lancer dans une thèse : “Je dirais que c’est une aventure intellectuelle et humaine très enrichissante durant laquelle on développe une curiosité, une autonomie et une rigueur. J’ajouterais que le dispositif Cifre, permettant de construire une thèse à travers un partenariat entreprise/laboratoire, propose un environnement tout à fait exceptionnel. Il permet d’interagir et de confronter son travail à des acteurs issus de milieux dont les contraintes et enjeux sont parfois différents. Cela me semble important, car j’ai ainsi le sentiment que mon travail de recherche, en plus d’être validé scientifiquement, peut avoir un impact direct dans le monde industriel. Pour finir, je pense qu’il faut considérer que le travail du doctorant n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Il faut être prêt à beaucoup s’investir pour réussir atteindre ses objectifs, mais cela en vaut la peine. »En savoir plus sur le parcours de Maxime Adolphe :
Maxime est diplômé de l’ENSC (Ecole Nationale Supérieur de Cognitique) qui est une école d’ingénieur se situant à Bordeaux.
Lors de sa deuxième année, il a effectué un stage de 4 mois au sein de l’équipe R&D de onepoint. Ce qu’il a aimé durant ce stage est l’approche pluridisciplinaire au sein de laquelle de nombreux chercheurs et ingénieurs collaborent ensemble.
Au cours de sa troisième année, il a effectué un second stage chez Inria au sein de l’équipe de recherche Flowers. Cette équipe a pour action exploratoire la mise au point et l’étude des mécanismes qui peuvent permettre aux robots et aux humains d’acquérir de façon autonome et cumulative des répertoires de compétences nouvelles sur des périodes de temps prolongé. Lors de ce stage, il a pu initier son projet de thèse en pensant instinctivement à une collaboration avec onepoint, qui n’a pas hésité à le soutenir et de l’encadrer dans cette démarche.
Sa thèse est encadrée par : Hélène Sauzéon (Pr. en psychologie et sciences cognitives, Directrice de thèse), Pierre-Yves Oudeyer (Directeur de recherche de l’équipe FLOWERS, co-encadrant de thèse) et Erwan Le Bronec (Partner onepoint, encadrant côté entreprise).