Rapport Nord Security 2025: Votre mot de passe est-il une menace ?
Chaque année, on espère que les choses changent et s’améliorent. Pourtant, la nouvelle édition 2025 du rapport de Nord Securitu nous ramène à la même conclusion: les habitudes ne changent pas vraiment. Les internautes continuent d’utiliser des mots de passe d’une simplicité désarmante, malgré toutes les campagnes de sensibilisation.
Dans le palmarès des Top 200 Mots de passe les plus courants, on retrouve encore les classiques : « 123456 », « 12345678 », « 12345 », « password », et surtout « admin ». L’apparition constante de ce dernier en haut de liste est particulièrement inquiétante. Cela veut dire que des gens l’utilisent encore pour des comptes qui donnent accès à des interfaces techniques ou administratives. En clair, on parle d’endroits sensibles où un mot de passe banal ouvre beaucoup trop de portes.
Et ces mots de passe se devinent en un clin d’œil. Des études montrent qu’il suffit parfois d’une fraction de seconde pour craquer des combinaisons aussi prévisibles. C’est comme laisser la porte de la maison grande ouverte aux hackers et les inviter à entrer.
Ce qui surprend, c’est que ce comportement ne varie pas selon l’âge. De l’adolescent au retraité, les mêmes mots de passe faibles reviennent. Le problème n’est donc pas une question de génération ou de confort numérique. C’est plutôt l’absence d’une culture de sécurité ancrée dans nos habitudes.
Et en contexte professionnel, l’impact se multiplie. Un mot de passe faible utilisé pour un serveur, une base de données ou un accès administratif peut mettre en péril un système complet. Ce n’est plus seulement une question d’accès personnel. C’est la porte ouverte à des risques qui touchent une organisation au complet.
Comment bâtir de meilleures habitudes d’authentification
Devant ce constat, on a tout avantage à revoir nos pratiques. Voici quelques réflexes essentiels pour sécuriser vos comptes, autant personnels que professionnels.
Créer des mots de passe forts et complexes
Un bon mot de passe mélange idéalement majuscules, minuscules, chiffres et symboles, avec une longueur suffisante. Encore mieux : une phrase de passe longue, unique, parfois même un peu ludique, qui reste facile à retenir et difficile à deviner.
Éviter la réutilisation et augmenter la taille
Chaque compte doit avoir son propre mot de passe, ou plutôt phrase de passe. C’est ce qui empêche un pirate de rebondir d’un service à l’autre si l’un d’eux est compromis et qui aide à complexifier l’accès aux personnes malveillantes.
Activer l’authentification multifacteur (AMF) quand c’est possible
L’AMF (ou 2FA en anglais) ajoute une deuxième barrière de protection. Même si un mot de passe fuit, il sera beaucoup plus difficile pour quelqu’un d’accéder réellement au compte.
Utiliser un gestionnaire de mots de passe
Un outil comme NordPass permet de générer, stocker et organiser des mots de passe uniques pour tous vos comptes. Vous n’avez rien à mémoriser, ce qui facilite énormément l’adoption de meilleures pratiques. Et surtout, ça évite l’effet domino si un mot de passe se retrouve dans de mauvaises mains.
Mettre à jour régulièrement les mots de passe sensibles
Pour les accès critiques, techniques ou administratifs, mieux vaut agir dès qu’un mot de passe semble trop simple ou qu’il est réutilisé depuis trop longtemps. Certains outils permettent aussi de vérifier si un mot de passe fait partie d’une fuite connue. Dans ce cas, il faut le changer sans attendre.
Éliminer complètement les mots de passe faibles dans les environnements techniques
« admin », « password », « 123456 » ne devraient jamais se retrouver sur un compte qui donne des privilèges élevés ou un accès à des ressources importantes. Ce type d’erreur paraît anodin, mais son impact peut être lourd.
Adopter la méthode du sans mot de passe
De plus en plus de services offrent l’option de se connecter sans mot de passe, par exemple avec une clé de sécurité physique, une authentification biométrique ou un lien de connexion envoyé directement par courriel. Ces méthodes réduisent les risques liés aux mots de passe faibles ou réutilisés et simplifient l’accès au quotidien. Quand cette option est disponible, elle vaut vraiment la peine d’être activée.
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En 2025, nous savons que les menaces évoluent rapidement. Pourtant, les gestes simples restent parmi nos meilleurs outils de protection. Chaque mot de passe robuste, chaque AMF activée, chaque gestionnaire adopté renforce un peu plus la sécurité de nos données et de nos organisations. C’est une discipline qui commence par de petites habitudes, mais qui crée un effet durable dans le temps.